Faire sortir son chat à l’extérieur n’est pas sans danger. Bagarres entre chats, accidents de la route, piqûres d’insecte, intoxications par les anti-nuisibles, la liste des risques est longue...
Bagarres entre chats mâles
Les bagarres entre chats mâles non castrés sont fréquentes, en particulier au moment de la saison des amours. L’apparition d’abcès à la suite des morsures est la complication la plus courante. La bouche d'un chat contient de nombreuses bactéries, celles-ci pénètrent dans la plaie au moment de la morsure. Les dents de chats sont petites et tranchantes, la plaie est étroite et se referme rapidement, mais les bactéries restent piégées à l'intérieur. Elles se multiplient et le système immunitaire du chat est alors activé. Les globules blancs, principalement des neutrophiles, arrivent alors dans la zone pour combattre les bactéries. Un abcès se forme (accumulation localisée de pus).
Les abcès
Ils sont souvent gonflés, chauds et douloureux au toucher. Ils sont souvent localisés au niveau des membres, de la tête, du cou, et à la base de la queue. Lorsqu’ils s’ouvrent, du pus épais et jaunâtre, accompagné d’une odeur nauséabonde, s’évacue. Lorsque l’abcès ne s'ouvre pas, la situation est plus grave et le chat peut tomber malade. Il a généralement de la fièvre, ne mange plus et est déprimé.
Pour traiter un abcès la zone est rasée et nettoyée. La peau est incisée pour favoriser le drainage. La plaie est rincée plusieurs fois avec une solution antiseptique et des antibiotiques sont généralement prescrits. Dans la plupart des cas, les chats réagissent bien au traitement.
En plus des infections bactériennes, d'autres infections peuvent être transmises lors des combats. Il s'agit en particulier du virus de l'immunodéficience féline (FIV) ou "sida du chat".
Les piqûres d'abeilles, de guêpes ou de frelons
Les piqûres d'abeilles ou de guêpes produisent le plus souvent une inflammation locale et de la douleur, qui prend environ une heure à se calmer. Suite à de multiples piqûres une réaction toxique avec des signes généraux peut survenir. Une allergie grave (choc anaphylactique) peut être déclenchée par une seule piqûre. Les piqûres de frelons sont très douloureuses et peuvent être dangereuses.
Chez les abeilles, au moment de la piqûre, le dard (aiguillon) est arraché du corps de l'insecte et reste attaché à la victime. Cet appareil continue à se contracter et à injecter les réserves de venin. Il ne faut pas retirer le dard avec des pincettes, la glande à venin peut éclater et libérer encore plus de venin. Il est préférable de gratter délicatement la peau avec une carte de crédit ou avec l’ongle. Certaines guêpes et les frelons peuvent piquer à plusieurs reprises car le dard reste attaché à l'insecte. Si l'animal est piqué dans le nez ou la bouche, un gonflement important peut survenir et empêcher l’animal de respirer.
Que faire en cas de piqûre ?
Après avoir extirpé le dard appliquez un sac de glace ou une compresse froide sur la zone à soulager. Calmez les démangeaisons avec une pâte de bicarbonate de soude ou une lotion à la calamine. Dès le moindre problème appelez votre vétérinaire. Il pourra administrer des corticostéroïdes, des antihistaminiques et de l’oxygène si nécessaire. Le pronostic est généralement bon, mais l’animal doit être surveillé en cas de choc.
Les intoxications accidentelles
De nombreux produits chimiques toxiques sont utilisés pour éliminer les animaux nuisibles (rongeurs, insectes, mollusques). Ces produits se retrouvent dans les jardins, les maisons, les greniers, à la portée des chats et des chiens. Les chatons sont plus exposés à ces intoxications que les chats adultes. En effet ces derniers sont plus méfiants envers des produits amers ou acides et ne sont pas attirés par le goût sucré, souvent présent dans ces toxiques. Mais il ne faut pas oublier les intoxications indirectes, le chat peut ingérer un rongeur qui vient de s’empoisonner.
Les rodenticides anticoagulants (antivitamine K)
Ces produits vendus sous forme d’appâts ou de poudre sont utilisés comme souricide ou raticide. La particularité de ces molécules est un temps de latence de plusieurs jours entre l’ingestion du poison et les symptômes cliniques puis la mort. Ainsi un chat qui ingère accidentellement ces produits présentera des signes cliniques 3 à 5 jours plus tard, voire plus. Ces produits inhibent les enzymes responsables du recyclage de la vitamine K, qui est indispensable à la synthèse des facteurs de coagulation du sang. L'absence de facteurs de coagulation entraîne un syndrome hémorragique et la mort,car le sang ne coagule plus.
La dose toxique de ces produits varie en fonction de la molécule et des quantités ingérées. Les signes cliniques comprennent des difficultés à respirer, de la léthargie, un manque d'appétit, du sang dans les selles, les vomissements ou l'urine, des saignements au niveau du nez, des gencives, des hématomes, l’animal est anémié et ses muqueuses sont pâles. La cause la plus fréquente de décès est une hémorragie dans la cavité thoracique.
Les premiers soins
Si vous voyez votre animal avaler un appât, la première chose à faire est de vous rendre en urgence chez votre vétérinaire. Le traitement à la vitamine K doit débuter dans les 24 heures. Si l’hospitalisation n’est pas possible dans les deux heures suivant l’ingestion vous pouvez le faire vomir en lui faisant boire de l’eau salée (2 cuillères à café de sel dans 20 ml d’eau tiède). Du charbon activé est ensuite administré. Attention toutefois il ne faut pas faire vomir un animal qui présente déjà des symptômes digestifs ou nerveux. A la clinique un traitement de soutien est mis en place : l’animal est perfusé pour favoriser l’élimination du toxique. De la vitamine K est donnée pendant 1 à 4 semaines. Le pronostic est bon lorsque le traitement débute rapidement.
De nombreux autres toxiques sont utilisés. Le chloralose est par exemple présent dans des produits rodenticides et est utilisé contre les corvidés. Le métaldéhyde, généralement sous forme de granulés bleus, est utilisé comme molluscicide (anti-limaces). Ce toxique est également présent dans les allume-barbecue. Si le goût sucré de ces plaquettes n’attire pas les chats, les chiens et les enfants sont victimes chaque année d’intoxication.